Les Rochers-de-Naye

Cela fait maintenant six mois que j’ai quitté mon poste de travail au Tessin et que j’ai emménagé à Lausanne. J’ai enlevé la rouille de mon français, habité pendant deux mois dans une chambre AirBnB, dans un appartement avec cinq autres personnes et un vieux chien (quel défi pour la moi-même habituée à habiter seule! Une très belle expérience) avant de trouver un joli petit studio sous combles où j’ai transporté mes 15 caisses de livres. Je m’habitue doucement à mon nouvel travail, aux différences inévitables, à tous ces nouveaux journalistes dont il faut apprendre les noms. Dans mon temps libre, je sillonne les rues presque verticales de ma nouvelle ville à la recherche de petits trésors et des plus beaux cafés dans lesquels amener les amis en visite. J’avais pleins de raisons professionnelles et personnelles pour ce changement et parmi tout ce que j’ai gagné, voici quelque chose que j’ai perdu: le statut de freelance que j’ai eu pendant pratiquement toute ma vie professionnelle, qui m’a permis de voyager à long terme, de prendre des cours et de travailler à l’étranger tout en gardant mon poste à ‘la maison’. Je ne peux que regarder cette petite énorme vérité en face: il est probable que jamais je ne m’adapterai à une « normale » vie travail/vacances. J’aime mon boulot, mais c’est partir pendant des mois – voyager lentement, rencontrer des gens, travailler ailleurs pour un temps et tester les limites de mon ouverture d’esprit- qui a le plus déterminé quel type de personne je suis aujourd’hui. C’est plus radical qu’une passion, je le ressens comme un besoin.

Alors pendant que j’attend de pouvoir voyager ‘vraiment’ à nouveau, j’apaise ma bougeotte en regardant autour de moi. La semaine passée, après une matinale (avec son réveil à 3h50) au travail j’ai résisté la tentation d’aller faire la sieste et j’ai pris un train jusqu’à Montreux. De là, il est possible de prendre le train crémaillère (en été, si on très motivé, on peut même monter à pied – ou faire moitié-moitié) qui monte jusqu’au sommet des Rochers-de-Naye, à 2042 mètres. J’avais soigneusement choisi la journée pour qu’il fasse beau temps et il y ait assez de neige. La vue était vraiment à couper le souffle. Le brouillard cachait le Lac Léman, tout en bas, et c’était un peu comme être suspendue dans les Alpes. J’ai marché et pris des photos (surtout pris des photos) pendant des heures, en trempant mon jeans de neige jusqu’aux genoux et en risquant de tomber de la crête plus d’une fois. Le bonheur.

Voici quelques unes de mes photographies préférées de cet après-midi:

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Liberté.

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Un dessinateur illustre le panorama dans son carnet de croquis, tout en étant assis sur la neige.

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Sur la côte de la montagne.

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Quelques yurtes -où l’on peut rester dormir- surplombent la vallée. Un petit morceau d’Asie centrale dans le Canton de Vaud!

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Une des yurtes vue de près. J’aime beaucoup la décoration de la porte d’accès.

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Une promenade vers les montagnes suspendues dans le brouillard.

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J’ai pris un autoportrait en posant mon appareil photo sur mon sac!

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Une volée d’oiseaux est apparue derrière la montagne vers la fin de l’après-midi.

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Vue à couper le souffle.