As white as snow (le Kenya 2 ans après)

« Luana, you are as white as snow. » Jonathan Kazungu, 13 ans

Elvel a maintenant 6 ans

Retourner au Kenya, retrouver les enfants et jeunes rencontrés pendant le mois d’août 2009…J’attendais ce moment avec impatience : j’aurais voulu y aller déjà l’année dernière, mais le billet d’avion est cher et je n’en avais pas les moyens. Nous avons dû économiser pendant un bon moment pour pouvoir partir cet été, ce qui a bien sûr donné encore plus de valeur au temps passé en Afrique. Le voyage (toujours faute de moyens financiers) a été très long; avec des longues escales et des vols en retard. Je me sentais très bizarre car d’un côté j’avais l’impression d’avoir attendu ce voyage bien trop longtemps, et ça paraissait incroyable d’y être finalement; mais de l’autre côté ces deux ans ont passé tellement vite…

Ukunda 2009

Pendant tout ce temps, on a eu très peu de nouvelles de nos amis, étant donné qu’ils vivent avec très peu de moyens et qu’il est difficile de les contacter en utilisant les méthodes auxquelles nous sommes tant habitués; comme le téléphone, internet ou même une simple adresse postale. Je trouve que ça fait la différence, en rendant la distance encore plus douloureuse, par rapport à d’autres amis qui ne vivent pas tout près de nous, mais qu’on peut contacter rapidement et en tout moment si on a envie de leur parler.

Les couleurs d’Afrique

Retrouver tout le monde a été très émouvant. Je ne croyais pas qu’ils se seraient souvenus si bien de nous. Certaines des familles qu’on voulait visiter n’habitaient plus au même endroit, en raison d’expulsions effectuées par le gouvernement (une bonne partie de ce groupe de personnes vivait depuis plusieurs années dans des cabanes construites avec du bois et de la boue sur un terrain vague d’appartenance de l’État, qui a décidé d’en faire un terrain de jeu), mais les autres nous ont aidés à les retrouver. Nous avons réussi à revoir une bonne partie de nos connaissances dans les environs, j’aurais voulu avoir plus de temps à passer avec eux; ça peut paraître très banal et pourtant c’est vraiment le bonheur que de retrouver des personnes qu’on aime et qu’on n’a pas eu l’occasion de revoir pendant longtemps.

L’école professionnelle pour filles en difficulté mise en place par Lorenza, âme de la Fondation et qui était avec nous lors de notre dernier voyage. Décédée lors d’un accident en 2010, elle n’a pas pu voir son oeuvre achevée.

Comme la dernière fois, ce voyage m’a aussi faite souffrir. Impossible de ne pas culpabiliser (et oui) et se poser des questions à l’égard de modes de vie si profondément différents des nôtres. Je ne peux pas m’empêcher de m’en vouloir d’être trop sensible et de vivre tout si intensément; mais je me dis aussi que ça serait bien plus triste de demeurer indifférente à la confrontation.

Détail d’une maison de la vieille ville de Mombasa

Certaines des magnifiques photos de Andrea :

Liens : 1. site web de la fondation Child to Child for Africa, qui a le but d’aider ces familles et tant d’autres personnes a devenir indépendantes, e à travers laquelle j’ai fait mon premier voyage au Kenya.  2. Le projet de Lio, qui pendant un séjour (lui aussi en 2009) a réalisé cette magnifique fresque sonore de la vie à Ukunda.

Le titre de cet article est tiré d’une dissertation écrite sur nous par Kazungu, 14 ans.