Un mois d’anglais et d’aventure à Gozo

Tout juste rentrée d’un mois mi-anglais mi-roadtrip passé à Gozo en attendant le début de ma toute nouvelle vie professionnelle, je me sens toujours désemparée par le jetlag météorologique (20 degrés et baignades dans la mer contre 0 degrés et 10 centimètres de neige) et la tristesse d’abandonner une superbe aventure pour retomber dans la réalité.

Gozo est la deuxième île de l’archipel de Malte, qui se trouve dans la mer Méditerranée entre la Sicile et l’Afrique du nord, et, avec ses 7 x 14 km, elle est tout à fait à mesure d’homme. Plus rurale et moins connue de l’île principale, qui donne le nom à l’archipel, elle recèle pourtant bien de trésors.

Azure Window à Dwejra

J’ai eu la chance d’y passer un mois en cette période hors saison, quand il n’y a que très peu de touristes et les températures sont pourtant très agréables. J’ai pu me balader sur des côtes désertes les après-midis et avoir des petites plages rien que pour moi les samedis matin…  Mais, tout d’abord, j’y suis allée pour améliorer mon anglais. J’ai choisi cette destination surtout car bien plus économique que l’Angleterre ou les États-Unis, ensuite parce que j’étais curieuse de découvrir un endroit dont j’avais à peine entendu parler. Les langues officielles de Malte (pays qui d’ailleurs, est le plus petit de l’Union Européenne, et a adopté l’Euro en 2008) sont justement l’anglais; et le maltais, une langue absolument spéciale que je pourrais définir comme un mélange entre arabe, italien et anglais. Le maltais fait partie des langues sémitiques (ainsi que l’arabe par exemple) mais s’écrit en caractères latins. L’histoire de l’archipel est d’ailleurs si riche, que ses aspects culturels peuvent souvent paraître comme provenant d’une des civilisations qui sont « passées de là », mais gardent cependant une propre identité, difficile à exprimer mais très caractéristique.

L’école que j’ai fréquentée était vraiment l’idéal pour apprendre, avec des professeurs compétents et des classes peu nombreuses (là aussi, c’était le bon moment de l’année!). Les autres étudiants étaient d’âges et pays de provenance très variés; j’ai rencontré des personnes géniales et très ouvertes, avec lesquelles j’espère vraiment garder les contacts. Rentrer chez soi et dire au revoir aux personnes qu’on a rencontrées lors d’un voyage est toujours étrangement douloureux, mais, comme le dit Elsa; nous croyons aux amitiés à distance, car autrement bien peu de choses auraient du sens pour nous.

Gonzalo et Marian

Les paysages côtiers de Gozo sont magnifiques, et se prêtent parfaitement aux promenades, surtout au matin ou à l’approche du coucher du soleil, quand la mer est recouverte de cette lumière particulière qu’aucun appareil photo ne peut reproduire fidèlement. Les plans de l’île repérables dans les librairies et dans les sites touristiques sont quelque peu imprécis, entre autres parce que beaucoup de routes sont actuellement en construction; mais avec un peu de logique et d’attention on ne risque pas de se perdre. D’ailleurs, la plupart des habitants de l’île sont très gentils et disponibles (et parfaitement bilingues), et donnent volontiers des informations.

(www.guidegozo.com)

Victoria (ou Rabat, comme elle était appelée avant 1897) est la ville principale de l’île et est connue notamment pour sa magnifique Citadelle, parfaite pour se balader sans trop se soucier de la direction que l’on prend. Ma zone préférée de la ville se trouve de l’autre côté de la rue et de la place principale par rapport à la Citadelle : la petite place San Gorg, avec les ruelles des la vieille ville tout autour d’elle.                                                                                                                                                          A partir de Victoria, il est possible d’aller à pied en pratiquement n’importe quel autre point de l’île… mais, si vous n’avez pas la possibilité ou l’envie de marcher, un service de bus vaguement aléatoire mais très économique (47 centimes d’euro pour toute destination) et avec un peu de patience efficace est mis en place. Les horaires sont conçus pour les habitants plutôt que pour les visiteurs, il vaut donc mieux les consulter à l’avance.

La religion ayant une grande importance dans la société gozitaine, la vie de chaque village de l’île tourne autour de l’église principale et de la place correspondante. La coupole de l’église de Xewkija (voir plan), d’ailleurs, est tellement grande qu’on peut la voir depuis une grande partie de l’île, et elle constitue un point de repère très pratique (mais, je vous préviens, une fois arrivés dans le village même il n’est plus si aisé de la trouver pour la visiter…).

Intérieur de la « Rotunda » à Xewkija

Pendant mon séjour à Gozo, j’ai essayé de visiter l’île le mieux possible. Je ne suis pas quelqu’un de sportif, mais j’adore marcher pour découvrir des endroits nouveaux; on a toujours la possibilité d’oublier le plan qu’on avait amené et se laisser inspirer par ce qu’on voit. Gozo est parsemée de collines, la visiter comporte donc pas mal de montées et de descentes au milieu de champs terrassés, de villages ou sur la côte. Les promenades sur la côte de l’île demeurent mes préférées, notamment autour de Reqqa Point et de Ta’ Cenc. Dans certains points on peut trouver des salines, qui apparaissent comme des petites piscines dans la roche et sont toujours utilisées pendant l’été.

Coucher du soleil près de Reqqa Point

La baie de Xlendi est magnifique au coucher du soleil, mais il paraît qu’elle soit très prisée pendant l’été. Dwejra et ses sculptures géologiques (notamment la célèbre Azure Window, pratiquement une institution du lieu) reste une destination à ne pas manquer. Pour nager, Rambla Bay est la plus grande plage de sable (rouge!) de l’île, mais les petites baies de San Blas et Dahlet Qorrot sont aussi charmantes, et plus intimes. Ta’Pinu est le lieu de pèlerinage local et se découpe sur la mer, au beau milieu de pratiquement rien, d’une façon très saisissante. Enfin, j’ai aimé les temples mégalithiques vieux de 5000 ans de Xaghra, mais cela dépend beaucoup des goûts et des intérêts de chacun.

Enfin, pour ainsi dire. J’ai été tellement brève. Mais comment décrire les cris des oiseaux de Gozo à 16 heures? Ou bien l’eau turquoise pratiquement irréelle de la minuscule île de Comino, ou la chasse à la petite église la plus belle de l’île ou encore le karaoke dans un restaurant américain de Xlendi le vendredi soir? Les petits « supermarkets »; le son du klaxon du camion qui vend le pain frais le matin; l’ambiance caractéristique des villages, donnée par le mélange entre les maisons en construction, la pierre jaune et les balcons colorés, et les petites rues souvent délaissées. On ne peut pas décrire la façon folle de conduire des Gozitains ou la parade des funérailles nationales pour l’évêque de l’île. On peut juste y aller et voir soi-même, comme toujours et pour n’importe quel lieu.

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